Protection du lac Mékinac : le conseil d’administration agit par prévention

Depuis plusieurs mois, le conseil d’administration de l’Association des riverains du lac Mékinac consacre temps et énergie à un dossier qui nous apparaît d’une grande importance pour l’avenir de notre lac : les activités commerciales d’hydravions sur le lac Mékinac.

Pourquoi nous intervenons

Notre lac est reconnu pour la qualité de son eau et son environnement exceptionnel. Cette richesse est fragile. Une fois qu’une espèce aquatique envahissante s’implante, il est pratiquement impossible de l’éliminer complètement.

Depuis des années, les riverains, les bénévoles, la Municipalité de Trois-Rives et plusieurs partenaires investissent des efforts considérables afin de prévenir l’introduction d’espèces envahissantes. C’est notamment pour cette raison qu’une station de lavage obligatoire a été mise en place pour toutes les embarcations utilisant le débarcadère du camping Mis-Mek. Même les kayaks, planches à pagaie et autres petites embarcations doivent être nettoyés avant leur mise à l’eau.

Nous croyons que tous les utilisateurs du lac devraient être soumis au même principe de précaution.

Nos préoccupations

Nous avons appris que qu’une entreprise d’hydravion de la région offre maintenant des forfaits touristiques comprenant des escales au lac Mékinac, notamment aux plages du Cap-à-l’Aigle et Bastien. Des installations de l’entreprise ont également été aménagées sur ces sites.

Or, la base d’opérations de cette entreprise est située au lac à la Tortue, un plan d’eau reconnu depuis plusieurs années comme étant infesté par le myriophylle à épis, une plante aquatique exotique envahissante dont la propagation se fait principalement par de petits fragments transportés d’un plan d’eau à un autre.

Dans un tel contexte, il nous apparaît normal de nous assurer que toutes les mesures nécessaires sont prises afin d’éviter tout risque de contamination de notre lac.

Les démarches entreprises

Plutôt que de tirer des conclusions hâtives, le conseil d’administration a choisi d’agir de manière responsable en multipliant les démarches auprès des autorités et des intervenants concernés.

En collaboration avec notre Association, la directrice générale de la Municipalité de Trois-Rives a communiqué avec l’entreprise afin de connaître les mesures concrètes appliquées pour prévenir le transport d’espèces aquatiques envahissantes.

L’entreprise nous a répondu qu’elle effectue des nettoyages réguliers de ses appareils, qu’elle utilise des flotteurs en composite et qu’elle participe actuellement à l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques avec Aviateurs Québec.

Nous saluons cette volonté de collaboration. Toutefois, cette réponse ne précise pas les procédures appliquées avant les déplacements entre différents plans d’eau ni les protocoles permettant de garantir qu’aucun fragment végétal ne puisse être transporté vers un lac non contaminé.

Entre-temps, des observations réalisées près des installations de l’entreprise au lac à la Tortue ont permis de constater la présence abondante de fragments de myriophylle à épis dans l’eau, ce qui renforce notre devoir de vigilance.

Le travail du conseil d’administration se poursuit

Afin d’obtenir des réponses fondées sur la science et sur la réglementation, plusieurs démarches sont actuellement en cours.

Le conseil d’administration a notamment :

  • collaboré avec la Municipalité de Trois-Rives afin d’interpeller officiellement l’entreprise;
  • communiqué avec différents spécialistes et organismes environnementaux;
  • déposé un signalement à caractère environnemental auprès du ministère de l’Environnement du Québec;
  • entrepris des vérifications concernant les autorisations nécessaires à l’utilisation commerciale de plages publiques du lac Mékinac;
  • poursuivi ses recherches afin d’obtenir de la documentation scientifique sur les risques associés aux hydravions dans la propagation des espèces aquatiques envahissantes.

Toutes ces démarches demandent de nombreuses heures de travail bénévole. Elles sont entreprises dans un seul objectif : protéger notre lac avant qu’un problème ne devienne irréversible.

Le principe de précaution

Notre démarche n’est dirigée contre aucune entreprise ni contre les hydravions en tant que tels.

Nous demandons simplement que les mêmes standards de prévention qui s’appliquent aux plaisanciers soient également considérés lorsqu’il est question d’activités commerciales entre différents plans d’eau.

Le ministère de l’Environnement rappelle lui-même que la prévention demeure le moyen le plus efficace de lutter contre la propagation du myriophylle à épis. Une fois cette plante introduite dans un lac, les impacts environnementaux, économiques et récréatifs peuvent être importants pendant de nombreuses années.

C’est pourquoi nous croyons qu’il est préférable de poser les bonnes questions aujourd’hui plutôt que de devoir gérer les conséquences demain.

Le conseil d’administration continuera de suivre ce dossier avec rigueur, transparence et détermination, et informera les membres de toute évolution. Nous remercions tous les citoyens qui nous transmettent leurs observations et qui contribuent, eux aussi, à la protection du lac Mékinac.


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